Carrefour du commerce – La route de la SoieL’histoire de l’Asie Centrale est aussi cellle de la naissance du commerce international, celle d’un axe d’échange ou se mariaient les cultures, ou s’échangeaient, ou se volaient les technologies, ou se melaient les religions. Les plus grandes civilisations participerent à la formation de ce medium entre les deux extremites de l’Eurasie.. La soie fut l’un des principaux articles transportés, la Chine en garda le secret de fabrication jusqu’au Vème siècle. Des cocons furent alors transportés vers l’Ouest et la sériculture débuta en Asie Centrale en Perse au Vè siècle. La soie chinoise continua d’être exportée, à côte de fourrure, métaux précieux etc. Route de la soie est une expression générique pour un ensemble d’axes caravaniers qui irriguaient en quelque sorte l’Asie Centrale, soit par la Transoxiane vers la Perse, soit par le Khorezm vers la basse Volga et la mer Noire. La caravane de chameaux de Bactriane à poil épais fut le vaisseau de la route de la soie. Les commercants formaient de lentes caravanes qui regroupqient plusiers centaines de betes. Ils voyageaient souvent de nuit dans les zones desertiques, et comme les marins, s’orientaient grace aux etoiles. Les trajets quotidiens ne devaient pas depasser une trentaine de kilometres. Si on ajoute a ces difficultes les retards dus au climat, les raids de nomades, on imagine la trempe de ces commercants qui apassaient tant d’années sur des routres plutot inospitalières. Les meilleurs caravaniers étaient les Perses, les Sogdiens, des commercants actifs et audacieux. La Route de la Soie prend naissance au 2ème siècle avant Jésus Christ par désir pour les objectifs militaires et politiques du commerce. Pour chercher des alliés contre les invasions répétées de Xiongnu, un officiel de la cour nommé Zhang Qian a été envoyé par Han Wudi vers les régions à l’Ouest. Cependant, sur la route des régions à l’Ouest le Xiongnu avait capturé Zhang et l’avait détenu depuis dix ans. Une fois évadé de la détention de Xiongnu, Zhang Qian a continué son voyage vers l’Asie centrale. A ce temps, les gouverneurs locaux ont été satisfait de leur propre statut et ont refusé à s’allier avec l’Empire Han. Bien que la mission soit échouée vu son objectif original, l’information sur l’Asie centrale a été transmise par Zhang Qian à la Chine, et vice versa, a rendu les peuples de chaque zone désireux d’avoir les biens fabriqués par les autres. La soie qui était préféré par les Perses et Romains, a ainsi inauguré la commerce au long de la Route de la Soie. Une fois que la Route de la Soie soit établie, la soie n’était plus la marchandise principale. La découverte d’une route maritime de l’Europe vers l’Asie à la fin du 15ème siècle a porté un coup dommageable de nouveau au commerce sur la Route de la Soie. Avec moins de coût, harcèlement et danger, plusieurs produits et matériels qu’on ne pouvait plus transporté par la Route de la Soie ont commençaient à être envoyés par la voie maritime. Depuis, la prospère Route de la Soie est en chute. Cheminant à travers les déserts et les montagnes, des marchands ont affronté par vagues succéssives les positions clés de la longue route menant de Chine à Rome. Des caravanes de chameuax chargés de soiries, d’épices et meme d’informations s’orientaient sur les minarets des oasis, phares de ces vaisseaux du désert. Au bazar ou caravansérail, le nomade rencontrait le sédentaire, le Perse dialoguait avec le Turc, le Chinois conversait avec le Sogdien, fertil échange de marchandises et d’idées, de religions et de connaissances de savoir – faire et d’art. Les hommes d’affaires d’aujourd’hui vienet également chercher « la soie du Xxe s – l’or, le petrole, le gaz et les minérais. Au IIe siècle, l'Etat chinois envoyait des caravanes, parfois composées de plus de 12 000 chameaux chargés de rouleaux de soie, en tribut vers les Khans mongols nomades. Ces convois de la soie se mettaient en place pendant les périodes de faiblesse du pouvoir chinois. En effet, l'empereur de Chine était le Fils du Ciel au sens de cosmos. Il ne pouvait être en aucun cas vassal de quelqu'un. Mais, durant les périodes de troubles de l'histoire intérieure de la Chine, le Grand Conseil, qui dirigeait l’Empire, préférait se concilier les Mongols plutôt que de leur faire la guerre. Parfois, payer un tribut coûtait moins cher que la guerre. La mise en place du commerce de la soie dépendait donc, à l'origine, de la politique économique et extérieure de la Chine. Les Mongols, alors en possession de ces milliers de rouleaux de soie, n'en avaient cure pour leurs contrées froides, aussi les revendaient-ils au Ferghana à des commerçants professionnels qui la revendaient jusqu'à la Méditerranée… Entre le IVe et le VIe siècles, les Sogdiens tiennent Samarkand. Beaucoup de choses sont dispersées (pierres précieuses, esclaves, idées), mais il n'y a pas de chemins continus. Les étapes sont prises en charge par chaque puissance politique sur son territoire, puis aux limites de ces espaces contrôlés, il y a rupture de charge. Les chemins partaient de Pékin vers l'Ouest en passant entre le désert de Gobi et le Tibet, d'oasis en oasis. Les marchandises devaient être peu pesantes et à forte valeur ajoutée. La soie était dispersée dans toute l'Asie et jusqu'à la Méditerranée par les Sogdiens, Palmyriens, Parthes (sur la Turkménie et l'Iran actuels). Les Romains n'ont connu la soie qu'après la conquête de la Syrie et de l'Arabie perpétrée en 106, et ont longtemps cru qu'il s'agissait de l'écorce d'un arbre. Devant l'importance des produits orientaux pour les patriciens romains, l'Empire décida rapidement de contrôler les caravanes d'Arabie tenues par les Nabatéens (caravanes d'encens). L'émerveillement devant la soie était d'autant plus grand qu'elle ne se présentait non sous la forme d'un fil mais sous forme de tissu (technique du tissage déjà connue des Chinois). Les Romains ont développé la route maritime en utilisant aux Ve et VIe siècles les vents de moussons (tout comme les Chinois et les Indiens). La route maritime empruntait la mer Rouge (port de Bérénice au Sud de l'Egypte) puis le cabotage le long des côtes jusqu'aux ports de la région de la soie chinoise en aval du fleuve bleu (Yangzi-jiang). Ces transports étaient affrétés par les Persans et les Arabes. La soie était placée sur les dromadaires de la mer Rouge vers la vallée du Nil et la Méditerranée, ou par Bassora dans le Golfe Persique vers Palmyre, Antioche et Tyr. Face à l'augmentation de la demande, les lieux de production de la soie se sont étendus : à Samarkand, Byzance au VIe siècle, puis en Europe grâce à la route maritime qui permettait un contact direct avec la zone originelle de production. Aux XIIe et XIIIe siècles, ces itinéraires s'interrompent avec la conquête par Gengis Khan de l'espace compris entre la Méditerranée et la Chine. Mais, le commerce reprit d'autant plus facilement que cette fois, et pour l'unique fois, un même Etat tenait toute la région de la fabrication aux débouchés commerciaux de la soie. Les caravanes ne remontaient pas à vide : elles rapportaient des pierres précieuses, de l'or, de la jade, de l'ivoire d'Inde, de l'ambre de la Baltique par la Volga, des instruments de musique, des tissus de lin… et des filles aux yeux bleus. Des précisions sur l'animal utilisé pour faire le trajet entre la Mongolie et l'Ouzbékistan. Le cheval pouvait être utilisé par une route septentrionale, par la steppe, que longe la voie ferrée actuelle. Ce mode de transport était possible car la soie est légère et avait l'avantage de permettre aux caravanes d'avancer rapidement. Mais la route par les montagnes du Pamir, avec des cols à plus de 4 000 m., ne pouvait être empruntée que par les chameaux de Bactriane, en nombre suffisant pour rendre la caravane rentable. Cette route passait par le Kashgar, en contournant le désert du Taklamakan par le Nord ou par le Sud (région de la jade) puis par l'Alma Ata (Kazakhstan), le Tadjikistan et Bactres, puis vers l'Inde ou l'Iran par Merv ou Samarkand. Qui formatait la caravane. La caravane est toujours dirigée par un maître de caravane (Caravan Bachi) qui guide 600 commerçants ou leurs mandataires. Aux marchands s'ajoutent la garde armée, formée de soldats loués, donc des mercenaires, des éclaireurs (qui cherchent les points d'eau, les caravansérails et voient où la route est la plus sûre) et les femmes qui suivaient la caravane. La caravane était mise en place par le besoin d'échanges, donc par la pression des commerçants. Quand leur nombre était suffisant, elle pouvait se monter. La route prenait un an, du fait de la lenteur des chameaux chargés (8 km/h dans le désert, 15 km/h autrement). Les trajets s'effectuaient de fin mai à fin octobre, mais il fallait passer les montagnes avant l'hiver et les déserts avant l'été. La caravane était fractionnée afin d'offrir aux bêtes de quoi se nourrir et marchait en décalé avec des navettes faisant la liaison. Il n'y a donc pas de route au sens d'un cheminement rectiligne, mais un espace plus ou moins large dans lequel évolue les différentes parties de la caravane. Le chameau est utilisé pour les charges lourdes (peut porter 250 à 300 kg) et pour le passage des montagnes (seul moyen de traverser sûrement et rapidement), car il n'a pas besoin d'eau tous les jours (il peut perdre jusqu'à 30% de son poids et se réhydrater en buvant 120 litres d'eau d'un coup) et peut franchir les zones froides. Les chevaux eux ont besoin de points d'eau réguliers et doivent donc utiliser des routes plus faciles. La caravane est très ordonnée. Il faut lire les descriptions des voyages d'Ibn Battuta vers 1350 (la version en édition complète). La caravane est un microcosme social. Les regroupements à l'intérieur s'effectuent en fonction des affinités ethniques, religieuses ou sociales. La longueur des étapes était fonction des informations données par les éclaireurs sur les disponibilités en nourriture et en eau. Le départ se faisait toujours au printemps. Selon la date de départ, le chemin emprunté se modifiait. Les chemins utilisés étaient entretenus et aménagés par des personnes payées pour cela. C'était donc une affaire privée, qui s'effectuait souvent à la demande des éclaireurs. Quelle langue était utilisée dans la caravane. Etait-ce déjà une forme d'espéranto ? Les commerçants étaient polyglottes. Ils trouvaient toujours quelqu'un capable de faire le lien linguistique et ils apprenaient les langues au fur et à mesure, au moins pour le langage courant et nécessaire (trajet, nourriture, actions). Les caravansérails Les villes d’Asie Centrale possédaient de nombreux caravancérails, car elles étaient pour la plupart des centres de commerce international. Elle se composaient de nombreux arcades et voutes consacrées à l’entrepot des matchandises, autour d’une vaste cour, comportant peu de pièces d’habitation, et entouré d’un mur d’enceinte avec une tour d’argile. Les différences et caractéristiques entre nomades et sédentaires. Au Paléolithique supérieur, l'Humanité est composée uniquement de chasseurs cueilleurs. Le développement de l'art pariétal introduit un nouveau rapport aux animaux qui aboutit à l'apprivoisement de certains d'entre eux rendant ainsi la chasse plus facile. Puis l'Homme apprend à sélectionner les plantes à l'endroit où chaque année elles poussent de façon naturelle. Vers 10 000 av. J.-C., en Syrie, l'Homme est arrivé à une domestication complète des animaux et des plantes qui a entraîné sa sédentarisation dans des huttes. Le premier animal domestiqué est le chien qui vit en bandes rivales comme l'Homme, puis le mouton et la chèvre qui permettent d'éviter la chasse pour se procurer de la viande. La découverte du rôle des graines et de l'eau s'effectue vers 9 000 et 8 000 av. J.-C. Apparaissent alors les bases de l'élevage : le pâturage et les points d'eau. Les sédentaires et les nomades ne sont pas encore séparés : les Hommes pratiquent la transhumance aussi bien pour les animaux que pour les plantes. Les hypothèses actuelles des archéologues partent du principe qu'à un moment, certains groupes humains font un choix de mode de vie entre l'agriculture et l'élevage. Vers le VIIe - VIe millénaire av. J.-C., apparaît une vraie différenciation des groupes humains entre des nomades qui suivent les mouvements de leurs troupeaux et des sédentaires qui suivent le mouvement des plantes avec l'évolution des céréales. Mais ce sont des modes de vie complémentaires : les éleveurs ont besoin de céréales, les sédentaires de lait et de viande. Ces besoins créent des rapports de force entre les groupes sociaux. Une différenciation spatiale apparaît dans le même temps. Les nomades s'installent dans les steppes au Nord de l'Eurasie où l'herbe est suffisante pour toutes les bêtes (élevage des chevaux à partir du VIe millénaire av. J.-C.), tandis que les sédentaires s'implantent dans le Sud de l'Eurasie. Dans les civilisations nomades ou sédentaires, les rapports hommes/ femmes sont compliqués. Les femmes restent dans l'ensemble au camp avec pour rôles essentiels la conception, la surveillance et la protection des enfants. Elles ont en moyenne un enfant par an dans un contexte de forte mortalité infantile et périnatale. Cette spécialisation commune aux groupes sédentaires et nomades semble liée à un accord dans le groupe social en fonction d'une série de raisons sociales. Mais parfois, les femmes chassent aussi. Les chasseurs demeurent donc généralement des mâles célibataires comme au Paléolithique supérieur. Les nomades ou les sédentaires ne sont pas plus guerriers les uns que les autres. On devient guerrier selon les conditions locales, en fonction des rapports avec les autres peuples. Certains groupes se constituent en prédateurs et d'autres en proies, mais les rôles peuvent changer. En Ouzbékistan, les nomades guerriers sont devenus des sédentaires pacifiques, car les conditions ont changé supprimant le besoin de guerre pour survivre. La Soie Elevage des vers à soie A l'achat, les oeufs ont la taille d´une tête d´épingle. Ils sont conditionnés dans une boite de 10 cm2 et 1 cm d' épaisseur. Une boite d'oeufs pèse à peu près 1 gramme, cela représente environ 2500 oeufs et donne entre 20 et 25 kg de cocons. Chaque côté de la boite est fourré d'un tissu en soie. Vers le premier mai, les oeufs éclosent et des vers minuscules sortent. I l faut les nourrir immédiatement avec des feuilles de murier en les maintenant à une temp érature constante comprise entre 20 et 25 degrés. Pendant 15 à 18 jours, l es vers dévorent les feuilles de murier , grandissent et au bout de cette période, commencent à filer leurs cocons. Chaque espè ce d'arbre a besoin d'un terrain particulier, mais le murier peut pousser partout et par conséquent il n'y a pas un seul endroit du pays ou l´ on ne puisse élever des vers à soie. Fabrication de la soie Trois étapes marquent le procédé. La première consiste à tuer le vers avant qu'il ne sorte du cocon et ne brise le fils, la seconde à dévider le cocon de son fils et la troisième à travailler le fil de soie. - Le ver est tué en l'exposant à une source chaude (un bain à vapeur, four chaud, soleil à environ 50 degrés). Un certain nombre de cocons sont gardés pour avoir des oeufs l'année suivante. Ils sont placés dans un endroit frais à une temp érature qui n'excéde pas 20 degrès et où il ne gèle pas. Une fois les cocons secs, ils sont stock é s dans des sacs de 50 kg et envoy és dans des fabriques de dévidage. - L'étape de dévidage consiste à les placer dans des chaudrons remplis d'eau bouillante . On remue, une baguette en bois permet d'attraper les bouts de fil qui se détachent de chaque cocon. Une fois attrapés , ils sont enroulés par un rouet qui tourne et les fait dévider. Chaque cocon donne un seul fil continu de 600 à 800 m de longueur. Un fil nécessite entre 12 et 20 cocons. Pour la soie lourde, il faut en avoir entre 25 et 50. - Une fois dévidée, la soie doit être décreusée pour enlever la sérosine (la cire qui couvre les fibres de soie et qui les rend dures). Cette opération nécessite de les faire cuire dans de l'eau savonneuse pendant une demi-heure . Le résultat donne la fibre douce qui constitue la soie. Petite histoire d’un fil de soie La soie existe depuis plus de cinq mille ans car l’empereur mythique Fuxi aurait, le premier utilisé le vers à soie et le murier pour en faire des vetements des cordes pour instrument de musique. On obtient la Soie en dévidant des cocons faits par les chenilles du ver à soie nourries de feuilles de murier, cependant plusieurs critères sont nécessaires pour obtenir une soie de qualité. D’abord le murier blanc aux feuilles épaisses et larges utilisé seulement après cinq ans de plantation. Il faut ensuite accorder beuacoup de soins aux oeufs de vers à soie, les conserver dqns un locql tiède, sous dfes couvertures. Tous les vers doivent naitre en meme temps et etre placés sur des claies recouvertes de paille buchée. Les vers reçoivent une nourriture régulière jour et nuit, et pendant trente cinq jours. Après quatre mues, les vers passent de quelques millimètres à cinq centimètres, car ils dévorent de plus en plus de feuilles, il faut ainsi trente muriers pour obtenir trois kilos de soie dévidée. Les vers filent leur cocon d’où s’échapperont les papillons. On plonge le cocon dans l’eau très chaude puis on effectue le dévidage qui consiste à assembler les fils de divers cococns sur plus de 1500 mètres. Pour un kilo de soie de bonne qualité, il faut plus de dix kilos de cocons. La soie : un produit à prix d’or Son origine mystérieuse, la finesse de sa texture. Au Ie 5s. les secrets de fabrication de la soie aurait été divulgués par une jeune princesse chinoise qui, envoyée comme épouse auprès du roi de Khotan, aurait caché des ouefs de bonbyx et des graines de murier dans le chognon de sa chevelure. Deux moines indiens qui avaient séjourné en Chine auraient réussi à transmettre à Byzance des oeufs de ver à soie dissimulés dans une canne en bambou.
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